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Hypersensibilité et intuition

Certaines personnes développent une étonnante capacité à deviner les émotions, et sentir ce qui se passe autour d’eux. On les appelle aujourd’hui les hypersensibles. Un atout pour la vie ?

D’autres parlent d’une capacité à percevoir un monde fait d’énergies subtiles et même de communication avec l’au-delà. Il semblerait qu’il y ait des individus qui soient plus sensibles que d’autres à certains signaux. Avant d’aller plus loin, je vous propose de les classer en deux catégories : d’un côté, les intuitions de type émotionnel / relationnel, comme par exemple deviner les émotions, qui correspond à une certaine forme d’empathie, et de l’autre, les intuitions de type prémonition / voyance.

Ce que j’aimerais évoquer avec vous aujourd’hui – une fois n’est pas coutume – ne concerne pas la véracité de ces intuitions, car cela reviendrait à conclure que parfois elles se vérifient et parfois elles ne se vérifient pas. Non, j’aimerais que nous nous intéressions à leur origine. D’un point de vue humain, d’où viennent ces capacités ? S’agit-il d’un don ? Est-ce inné ? Peut-on apprendre à développer cette sensibilité ? Ou au contraire, peut-on s’en défaire ?

Don ou malédiction ?

Comment vivent les personnes concernées par cette sensibilité, que pensent-elles de ce qui est souvent perçu comme utile par ceux qui n’ont pas cette sensibilité. En tant que psychothérapeute, j’ai eu l’occasion observer de nombreux cas et constaté que trois tendances semblaient se dessiner.

  • Les personnes pour qui cette sensibilité est clairement un avantage, elles l’utilisent souvent, peuvent s’en vanter, et vont même parfois jusqu’à en faire leur fonds de commerce.
  • Celles pour qui cette sensibilité n’a pas vraiment de sens, ils ne savent pas qu’en faire ou parfois en ont peur.
  • Celles pour qui c’est un désavantage, car cette sensibilité les rend perméables à toute sorte de choses, en général ils n’aiment pas trop en parler. C’est surtout avec les gens qui correspondent à cette dernière tendance que j’ai pu échafauder une hypothèse quant à l’origine probable de ce 6e sens.

L’origine est à chercher dans l’enfance

Je me suis posé la question : à quoi peut bien servir cette sensibilité quand on est enfant ? Pour moi, il y a clairement une fonction d’anticipation, avec but de protection. Ensuite j’ai observé et remarqué que toutes ces personnes avaient un point commun dans leur histoire passée, leur enfance : la violence.

Le tableau le plus courant que j’ai pu observer ressemble à ça : d’un côté, nous avons la violence d’un des parents qui prend une forme souvent inattendue et imprévisible (par exemple, une colère hors contexte, une violence verbale, des cris, des critiques), puis en face, la détresse, la fragilité de l’autre parent, qui subit la violence et peut se refermer (cherche à éviter le conflit, se victimise). C’est une violence invisible, cachée, psychologique, considérée comme « normale », d’où l’intérêt de développer un 6e sens, une sensibilité, car cela permet non seulement de prévenir la violence, de l’anticiper pour mieux s’en protéger, mais aussi de mieux comprendre, ressentir le parent en détresse pour l’aider, voire le protéger. Peut s’ajouter à ça une autre forme de détresse du ou des parents concernant des blessures non-réglées de leur propre histoire, dont ils ne parlent pas ou peu, entretenant un déni de leur propre souffrance et une forme de mystère que l’enfant peut ressentir sans pouvoir identifier. Les gens ayant eu une enfance similaire à cela peuvent développer une sensibilité et une intuition de type émotionnel / relationnel, pouvant les amener à avoir envie d’aider les autres, de changer le monde, et peuvent naturellement se diriger vers la relation d’aide (psychologue, assistant social, coach, etc.)

Pour ce qui est des intuitions de type prémonition / voyance, j’ai pu observer un profil similaire à ce que je viens de décrire, mais avec une violence un cran au-dessus. À la violence psychologique d’un des parents, et/ ou la fragilité de l’autre, s’ajoute une atteinte à l’intégrité physique avec des abus de type violence physique, attouchements, voire abus sexuels, qui ne sont pas forcément commis envers l’enfant, mais aussi sur le parent victime.

Une atteinte intolérable à l’intégrité de l’enfant

Quoi qu’il en soit, la sphère individuelle de l’enfant n’a pas été respectée, et les limites ont été franchies. C’est une forme d’agression et de manque de soins à laquelle l’enfant réagira en développant une sensibilité qui l’accompagnera toute sa vie.

Lorsque l’on détruit l’enveloppe psychique de l’enfant, on créée inévitablement une perméabilité qui peut se manifester par une sensibilité hors-normes.

Une perméabilité aux émotions d’autrui

Ne pas avoir été respecté dans sa bulle privée dans une phase aussi importante du développement a aussi des conséquences durables sur la capacité à définir où se trouve la limite entre moi et l’autre. Ce qui peut donner, en présence d’une personne proche, si elle se sent mal, je me sens mal. Si elle est en colère, je peux avoir le sentiment que c’est de ma faute. C’est une perméabilité causée par l’atteinte qui est faite à à l’intégrité psychique, et/ou physique. D’autre par, plus la violence est forte, plus la perméabilité est grande, et plus la sensibilité est grande.


Intuition, sensibilité et prémonition sont pour moi à prendre comme un symptôme qui indique que l’individu a été en présence de violence dans son enfance.


Quelle réponse apporter ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnes avec ces capacités se demandent s’il ne serait pas naturel de trouver une activité dans laquelle elles pourraient les utiliser. D’autres ne veulent, ou n’osent pas franchir le pas. D’autres en ont peur. Mais est-ce un choix judicieux pour autant ?

Pour moi, la question n’est pas là. Le problème qui va se poser est que ce « don » est un cadeau empoisonné, car il est l’expression d’une adaptation à la violence, à la détresse, à l’isolement. Vouloir utiliser ces capacités dans le but d’aider l’autre, ou d’en tirer avantage et profit va enfermer l’individu dans un déni qui ne lui permettra pas de réaliser les causes réelles de son mal-être.


Malgré toute sa sensibilité, toutes ses capacités à deviner, à anticiper, il y a une chose à côté de laquelle il passera à coup sûr, c’est la cause réelle de sa propre souffrance.


Vers le développement d’une authentique empathie

Plutôt que de chercher à développer ces capacités, à les utiliser, ou apprendre à ne plus en avoir peur, je proposerais plutôt de faire un travail introspectif sur la violence dont ces personnes ont certainement été victimes enfants.

Car une fois la personne libérée de son passé, de la violence enregistrée dans son corps, elle pourra alors développer une véritable empathie, qui ne sera plus basée sur la peur et l’anticipation, mais sur l’amour de soi et de l’autre.

Julien FRÈREhttps://memoireimplicite.com
Julien FRÈRE est conseiller psychologique et social, formateur et auteur de ce blog. Il a enseigné pendant 12 ans la théorie de l'attachement et le fonctionnement de la mémoire implicite, à partir desquels il a développé une approche psychothérapeutique appelée "TMI" pour "Thérapie de la Mémoire Implicite". Aujourd'hui, il continue son activité de conseil au sein du Centre Tomatis® Genève en tant que consultant pour la méthode.

42 Commentaires

  1. C’est la pure réalitée vous avez entièrement raison, en plus avec une hypersensibilité intellectuelle vous devenez un monstre au yeux des humains.
    J’ai tous fait pour devenir normal comme les autres au point de détériorer significativement ma santé physique, mais quand vous avez un grand capacité de résistance cette quête de devenir monsieur tous le monde impacte directement la santé moral d’où l’apparition de trouble anxieux grave impliquant une modification au niveau de l’aspect extérieure du Corp notamment une expression facial éliminant la joie et la modification de la démarche me disant que si les gens comprennent se que je ressent sa serrait fatal pour ma sécurité.
    Vous ne pouvait pas savoir comme c’est douloureux d’être rejeter par toute les catégorie de fréquence cognitive même la famille sachant qu en peut tirer un grand profit de gent comme moi.
    Je vie en mode veilleuse depuis 20 ans car quad je me comporte comme je le suis en vrais les ondes énergétique résultante et détecter par les autres.
    Merci pour l’article car je sais présentement que je suis pas seul.

  2. Monsieur j’ai 17 ans et je pensais avoir un don jusqu’à mettre renseigner, j’ai toujours eu l’impression d’être différent petit j’étais obèse et on se moquais de moi je pense que c’est la violence dont vous parlez, je tiens à vous dire que je suis particulièrement douer a l’école alors qu’on m’assimilerai plus à un enfant de quartier, j’ai l’impression d’avoir des sentiments sur-développer et j’ai peur de plus je me suis vraiment reconnu, je n’ai jamais réussi à faire du mal de toute ma vie, si nous pouvions prendre contact svp

  3. Je me retrouve dans la situation de parents ayant eu une expérience traumatisante mais je n’ai pas, moi, vécu de violence dans l’enfance.
    Aujourd’hui, plus que des intuitions, mes pensées prémonitoires me troublent (et ma fille, 13 ans, a le même profil/problème !!!!) ; je voudrais savoir quoi en faire ; pouvez-vous m’orienter vers quelque professionnel à l’écoute (j’habite le département du Nord).
    D’avance merci

  4. Bonjour,

    Depuis toujours pour ainsi dire, je ressens les autres , un peu comme un animal. A deviner leur tréfonds intérieur et malheureusement, je me suis rarement trompée.

    Pour ma part, cette aptitude est un poids car je n’ai pas su la transformer en force ou du moins, je n’ai pas vraiment pris la peine de à cet état de fait, pour le vivre beaucoup plus sereinement et harmonieusement.
    Souvent, j’ai l’impression que les personnes sentent en moi, cette facilité et du coup, j’ai plus souvent été rejetée qu’autre chose car je fais peur, je dérange.

    que me conseillez vous ?

    • Bonjour ; je découvre ce blog et je lis attentivement les témoignages ,
      je me retrouve particulièrement dans le vôtre et il me procure réconfort tout en renforçant le sentiment d’  » incompréhension sociale /familiale  » où – on l’ a tous/toutes vécu parfois trés abruptement – les dits hypersensibles sont à affronter leurs propres émotions , sans le moindre « guide  » qu’ eux même ;
      ayant modestement  » réussi » mon parcours de vie , j’ aimerai discuter en toute décontraction avec un(e) habitué(e) de ces ressentis qui ont pu , pour mon ego , se résoudre parfois dans 1 violence psychique disproportionnée , et je l’assume tout en regrettant les dégats encore causés à mes proches aimants ( épouse , mes 2 filles , fratrie , ex-employeurs , etc … )

  5. Je me décide à chercher à comprendre ce qui m’arrive, encore hier, qd soudain je pense avec insistance et sans raison à une personne que je peux ne pas avoir vue depuis très longtemps, et je la croise à peine quelques minutes ou secondes sur mon chemin, ou avec une personne « comme moi » il y a quelques années, nous savions exactement l’heure de réveil de l’autre, réveil simultané et comme si nous étions en présence l’un de l’autre malgré la distance ou, sans nous concerter, nous savions que nous allions nous croiser à tel coin de rue, sans l’avoir prévu… Troublant, quelque peu effrayant. Encore plus après avoir lu les raisons qui pourraient expliquer cette sensibilité. Pour sûr, une capacité d’empathie grandissante avec le temps, et une volonté exacerbée « d’aider », qui que ce soit, au quotidien…. Que faire de tout ça ???

    • Comme je l’évoque sur le site, si les faits de maltraitance pendant l’enfance sont avérés, il est possible d’améliorer les choses en allant confronter ces mémoires du passé. Toutes ces émotions négatives refoulées, créent des tensions qui peuvent amener à adopter un comportement qui n’est pas bon pour vous, et qui risque d’entretenir le problème. Bien à vous.

  6. Pensez vous que les deux types d’intuitions dont vous parlez soient une interprétation inconsciente de tous les éléments pouvant permettre au cerveau de tirer des conclusions sur :
    un événement à venir, l’état d’esprit d’une personne(mimiques…)?

    Concernant l’intuition type prémonition, je remarque souvent chez moi, un comportement ou une action, ayant de grande chance d’être lié à ce qu’il se passe par la suite(en fait ceci est remarquable apres coup), ce qui me permet d’anticiper des situations, quelques fois cela est utile, et d’autres uniquement troublant.
    J’aimerais ne plus prêter attention à ceci.
    Je me situe dans le profil que vous décrivez dans votre article, comment mener ce travail introspectif, conseillé par vous même ?

    Merci pour votre article, et d’avance pour votre réponse.

    • Bonjour Benj, oui je pense effectivement que le premier type « d’intuition » soit lié à une interprétation inconsciente/ automatique du langage non-verbal, des habitudes, de ce qui se passe autour de nous. À corréler avec une situation de danger vécue pendant l’enfance (parent agressif, parent jugeant, parent indifférent, parent angoissé, etc..), qui a nécessité cette adaptation. Comme je l’écris dans l’article, les véritables prémonitions sont plus rares, et là, c’est purement spéculatif de ma part, je pense qu’elles peuvent être liées également à une forme de stress pendant l’enfance, mais plus puissant. Si vous vous reconnaissez dans l’article, un travail sur les traumas enregistrés dans la mémoire implicite peut se révéler salutaire. Mon expérience personnelle m’a montré que pour pouvoir accéder à ces mémoires, la relation avec le/la thérapeute joue un rôle important, c’est pourquoi je vous recommande de chercher une personne bienveillante, avec qui vous vous sentez en confiance. La méthode, l’approche utilisée vient en second. Bien à vous. Julien Frère

  7. Bonjour Julien FRERE,

    Je me suis évidement reconnue dans votre article.
    Cependant une question me taraude: étant donné que chez moi cette hypersensibilité a été acquise (« conséquence d’un trauma dans l’enfance »), est il possible de la transmettre génétiquement ? Mes enfants et moi avons beaucoup de similitudes.; pourtant ils n’ont subi aucun traumatisme. Pourrait-il s’agir de psychogénéalogie ?

  8. Bonsoir à tous,
    J’ai vécu une enfance troublante et violante, j’ai réussi après un long travail à faire la paix avec tout ça. Au début de ma carrière j’ai travaillé avec les animaux en particulier les chevaux ce qui a développé ma sensibilité ….aujourd’hui fort de mon expérience la quarantaine passée je laisse cette sensibilité sortir par la méditation la music le sport m’aide beaucoup 😉 mais souvent j’arrive ressentir les gens leurs émotions sentiments maladie … ça deviens souvent dérangeant je n’en parle à pas personne, j.ai une personnalité déjà forte je crains qu’ils ne me prennent pour folle. Je plaisante sur le sujet mais mes proches voient bien que cela est présent.
    Je suis heureuse de ne pas être seul face à cet étrange situation. J’ai beaucoup emphatie mais des fois pour des gens qui ne le méritent pas?

  9. Bonsoir,
    La violence ne développe pas ce don, c’est ce don qui attire la violence d’autrui. Nous sommes d’ailleurs le mets préféré des pervers narcissiques, manipulateurs. Car ce don fait peur, crée de la jalousie autour de nous. Nous sommes différents, pouvons lire en autrui donc potentiellement gênants. Et dans un monde matérialiste, ce qui est un mystère est inconcevable.
    De même, voyez les super héros des films, ils ont tous souffert. Il est connu que quand on souffre on comprend mieux les autres. Et souffrir améliore notre capacité à endurer. Mais bon, à un certain stade, il faut dire non et ne plus accepter de se laisser malmener.
    Ce qui fait que c’est une malédiction, c’est que nous sommes des éponges émotionnelles et dur pour se recentrer sur soi et rester soi. Sans compter les maux physiques. Se protéger, savoir dire non, renvoyer vers l’univers (il est vaste) ce qui ne nous appartient pas et essayer d’être heureux car nous y avons droit. Arrêter de culpabiliser, de se sacrifier.
    Bien fraternellement.
    Isabelle

    • Bonjour Isabelle, merci pour votre très pertinent commentaire. Je partage votre opinion, mais ce n’était pas tout à fait ce que j’ai cherché à souligner dans l’article. La violence ne développe pas le don, la violence empêche l’enveloppe psychique de se constituer, et une enveloppe psychique fragile favorise ce don. Sur le sujet, je vous invite à lire l’excellent ouvrage de Didier Anzieu, le moi-peau. Bien à vous. Julien

  10. Bonjour, je trouve cet article très interressant. Je me suis demandée récemment si cette faculté d’anticipation n’était pas liée à la colère que je peux ressentir moi même face à des personnes qui, il me semble, font n’importe quoi. Intellectuellement je comprends à présent qu’ il n y a pas de normes, les gens font ce qu’ ils peuvent, moi inclus, toutefois je ressens malgré tout de l’exaspération, de la colère qui finalement n’a pas forcément lieu d’être. J’ai été en colère quand j’ai vu un homme rouler bêtement en voiture et faire des âneries, quand une serveuse ne comprenait rien à ce que je disais ou lorsque d’autres clients lui parlaient. Au lieu de le prendre légèrement, cela m’agace. Je trouve que je pourrais le prendre plus simplement finalement…

  11. Bonjour Monsieur, grâce à vous je peux enfin mettre un nom sur mon problème et ouf je ne suis pas folle….j’ai juste énormément de mal à communiquer avec les autres peut-être parce que je ne les comprends pas….Je ne suis pas folle c’est un fait mais comment faire pour vivre normalement?je viens encore de laisser tomber un boulot parce que je suis « bizarre », tout allait bien mais au bout d’un an une petite reflexion de rien du tout et faute d’arriver à prendre sur moi, j’ai fini par partir. Je crois que c’est surtout le manque de reconnaissance de mon travail qui a tué ma motivation. J’ai BESOIN que mon employeur me dise que je fais du bon boulot!!si j’estime que les autres ne s’intéressent pas assez à moi alors je pars…en ayant honte en plus!!! Pour moi ce « don »est un vrai calvaire, mon incompétence en relations humaines m’a bouffé la vie et continue d’ailleurs.
    Et effectivement ma mère m’a élevée seule(mon père s’est suicidé lorsque j’avais 2 ans)elle était très sévère mais je n’ai pas l’impression d’avoir grandi dans la violence,néanmoins il est vrai que je n’ai aucun souvenir de câlin…
    Je vous remercie de m’avoir redonné de l’espoir et je vais chercher à améliorer mon comportement

  12. Bonjour Julien,
    Merci pour cet article qui ma fois correspond pleinement à mon histoire, comme à bien d’autres semble-t’il. Effectivement, j’ai grandi, comme vous le souligniez, dans un milieu familiale agressif et violent, tant sur un plan psychologique que physique. Aujourd’hui, j’ai 60 ans et je demeure quotidiennement confronté aux événements du passé, parfois de manière positive et d’autre fois de manière douloureuse.
    Je peux dire que j’ai développé le 6ème sens dont vous parlez dans l’article. Je suis un travailleur social, et oui, mes démarches en développement personnel mon permis de bien avancé sur la compréhension du phénomène tout comme mon travail en thérapie alternative m’a permis le pardon. Pardonné aux parents et surtout me pardonné. Car enfant maltraité, parent maltraitant. N voyez pas là que j’ai maltraité mes enfants, non ils (2) vont bien. Non, en fait j’ai découvert que je me maltraitais. Je reproduisais le schéma de mon enfance, mais aujourd’hui adulte, j’avais le rôle de parent qui maltraitait l’enfant intérieur que je suis exactement de la même manière que l’éducation que j’avais reçu. Mais ceci est encore une longue histoire.
    Ce que je voudrais dire en rapport avec votre article, mon 6ème sens à bien été développé dans mon enfance et sachez le que pour moi ce n’est pas une malédiction. Déjà dans mon travail, il m’est très utile. Mais il a également permis à faire le vide autour de mes dans mes relations que je reconnais comme futiles. Par contre, je vois des personnes qui viennent vers moi en pleine difficulté justement pour cette empathie que je peux offrir.
    En fait, j’ai compris que ce don je l’ai construit dans les dix premières années de ma vie. En ressentant, ce que ma mère avait besoin émotionnellement de recevoir et en le lui donnant par des mots ou des actions, je prévenais ses agressivités et surtout sa violence envers moi. En fait, j’ai développé un mécanisme de défense de parentification. J’étais capable de prendre en charge la souffrance de ma mère par l’écoute pour recevoir un peu d’attention.
    Pour terminer et avec un peu d’humour, et dans ce même ordre d’idée, je me suis également rendu compte, que j’avais également développé la capacité inconsciente de, comment dirais-je, de préservation. Comme je recevais de la violence verbale et ou physique à la place de consolation lorsque je me faisais du mal, ceci m’a conduit à ne jamais avoir de gros pépins de santé dans ma vie.
    Mais le revers de la médaille de tout ça, c’est que je bataille avec cette dualité en moi de parent brimant l’enfant intérieur, ou vivant avec la peur de représailles et de culpabilité lorsque j’ose enfin exprimer ce qui m’habite à l’intérieur. Voici maintenant une trentaine d’années que je négocie la plupart de mes journées avec l’angoisse.
    Merci de m’avoir lu ou écouté, de mon côté ça m’a fait du bien de me découvrir. Je lis les gens comme dans un livre ouvert, alors que le mien est si bien gardé.
    Bien à vous tous, amour et joie! Marcel

  13. Bonsoir,
    Je viens de découvrir votre article par hasard. Hors, je vous dirais, qu’il n’existe pas de hasard 🙂
    Je suis un peu de tout cela voir meme un peu trop… depuis l’âge de 6 ans, je savais que j’étais différente. J’étais la belle et en meme temps le vilain petit canard.
    Pendant des années, j’ai voulu savoir le pourquoi du comment… donc j’ai travaillé sur moi au point de devenir à mon tour art-thérapeute et pour m’entendre dire à 50 ans que j’étais en plus HPI.
    Avoir tant de facultés, après avoir tant travaillé sur soi et se sentir toujours hors norme, difficile de trouver avec qui échanger sur « ces choses », dans un contexte amical.
    Merci pour cet article, qui permet à de nombreuses personnes de se sentir moins seules et surtout comprises.
    Cdlt.

  14. Bonjour Monsieur,
    J’ai 48 ans et j’ai vécu une enfance triste, maltraitances des deux parents immatures, je me sentais très seule et le suis restée. Je suis hypersensible et j’ai des pressentiments (décès de proches des semaines avant). C’est très pénible à vivre et au début je ne pensais pas que c’était lié jusqu’à cet été.
    Cordialement

  15. Bonjour,

    Je me retrouve oui et non dans certains commentaires. J’ai eu une enfance heureuse, pas de violence physique ou verbale mais un père dépressif et très pessimiste (d’ailleurs toujours) qui a peur de mourir à chaque instant… il fallait toujours faire attention à ce qu’on disait, faisait avec ma mère (je suis fille unique). J’ai développé très tôt des pensées qui me troublaient, je pensais à quelque chose et cela arrivait dans la ou les mn… mais des choses improbables… du style un démarcheur chauve, très grand, style bonze qui sonne pour vendre des livres… croyez-moi à la campagne début 1980 ce n’était pas courant… ces multiples cas, me troublent… J’ai gardé de mon enfant une part d’angoisse et d’anxiété que je sais venir de mon père, par contre je suis toujours très heureuse dans ma vie, un peu obèse mais heureuse quand même…Merci de votre analyse.
    Bien cordialement,

  16. Je vs retrouve ds ces mots pq maintenant j ai 44 ans ça se réveille maintenant je sens tout ce qui va se passer mal etre concernant mes proches le boulot etc empathie bref ça me chamboule

  17. Grave! Je me retrouve également dans ce forum. Sentiment de décalage, ne pas être normal aux yeux des 80% qui n’on pas ce trait de caractère, un regard avec une personne et nous nous trompons généralement pas sur les liens que nous en faisons. De vilain petit canard pour les uns, pas social pour les autres! Nous avons pourtant ce « sens » que peu de personne peut comprendre avec un grand besoin de se trouver seule avec nous même. Mais difficile à vivre si nous ne savons pas le gérer ou si nous en en avons pas la connaissance. Pour ma part, il a fallu un burn-out avec un suivi psychologique pour comprendre que je ne suis ni fou, ni avec un problème car nous sommes des profils qui attirent les personnes des plus TOXIQUES. (Les contraires s’attirent)
    Je vais avoir 45 ans et je compte désormais l’utiliser naturellement avec comme mot d’ordre! L’affirmation de soi

  18. Bonjour,
    Je vous rejoins sur cette hypothèse de « maltraitance/malmenance ». De mon côté mon « éveil » me guide vers le travail sur le transgenerationnel pour guérir mon âme et dans quelques semaines je ferai une constellation familiale qui m’apportera des éléments de compréhension.
    J’apporterai juste une précision sur le terme « maltraitance » : je nuancerai davantage car mon vécu et cette hypersensibilité résultent d’un dommage collatéral sans intention propre à faire du mal.
    Chouette hypothèse en tout cas !!

    • Bonjour Stéphanie, merci pour votre commentaire. Je vous rejoins, la maltraitance n’est pas le fait d’une volonté de nuire, mais plutôt d’une ignorance des besoins fondamentaux du nourrisson et de l’enfant. Il n’est pas de souffrance plus difficile à dépasser que celle dont nos parents n’ont pas eu conscience de causer. Nous avons besoins de dire, de mettre des mots pour se libérer. C’est en partie le but de cet article.

  19. Bonsoir

    J’ai le même problème… Et y a des jo s avec et des jours sans c’est parfois, très fatigant
    Ma mère a été malade depuis ma naissance disons qu’elle a eu la maladie à ma naissance… Et au fur et mesure que le temps passé elle est devenue de plus e’ plus agressive.
    Est ce que vous fait des video Coonference j aimerai vous parler
    Je viens du Luxembourg.
    Merci?
    Barbara

  20. Bonjour , quand ça va je peux faire opérer la loi d’attraction … finir les phrases de mon entourage , rêve prémonitoire, visualisations et auto persuasion qui m’ont fait gagné à des jeux de azar, Atteindre des objectifs sportif ,je m’amuse même avec les cartes , c’est tellement extraordinaire… mais un rien me fait perdre ma confiance en moi , j’ai un grand besoin d’être seule et puis ce don ce perd et les peurs reprennent le dessus et je retombe dans la dépendance affective.
    J’ai eu une enfance très difficile ,j’ai tout ce que je veux et rien en même temps , un paradoxe … comme si je perd la connexion et que mes anciens démons me hantent , je retrouve mon don que dans la solitude, pourquoi je me perd quand je suis en couple ? Est ce la détresse de la solitude qui me donne la force de me battre et d’y croire et qui fait marcher mes antennes ? J’ai la foi quand je n’ai plus rien , une fois que je construit je détruit et ainsi de suite … mon prince devient toujours un crapaud et mon empathie me fait m’oublier moi même … seule je suis forte , entouré je suis mal.

  21. Merci pour cet article, je suis tomber dessus par hasard. J’ai toujours ce que j’appellerais un don/malédiction. Etrangement moi aussi j’ai subit de la violence a l’enfance. Violence physique de la part de certain beau-père(j’en ai eu plus d’un), et violence physique et verbale de ma mère. J’ai toujours été appart des autres, je comprenait et savais des chose sans qu’on me l’ai dit, les gens n’aime pas qu’on soit plus malin qu’eux j’en ai bien peur.. J’ai une connection dirrect avec les animaux, ils n’ont pas besoin de me parler pour que je les comprennent. Avec mon travail, je me promène d’un client a l’autre, et tout leurs animaux se collent a moi. Jeune, je sentais déjà les sentiments, intentions, desires et personnalité réel des gens en quelque minutes. Je ne lis pas dans les pensées, je les ressent… Aujourd’hui, a 36 ans, ce  »don/malediction » m’est tout particulierement utile dans mon travail. Même si je vie sur un autre continent que le votres, je vais rester vague sur mon travail au cas où quelqun lirait. Mon travail consiste a determiner la cause exacte, a qui la faute, estimer les cout et produire devis, tout ca en prenant bien soin des clients et ce, en demeurant neutre. Jusqua present mes superieurs appréciait ce  »don » qui me permet de ressentir, de reconnaitre les mensonges, de tomber pile dessus. J’ai maintenant un bureau a coter de celui de mes patron. Mais voilà qu’il y a 2 semaine, j’ai remarquer quelque irrégularités dans les chiffres, j’ai vite compris que les travaux n’on pas été fait selon les regle de l’art, les quantités de matériaux ne balançait plus… J’en ai donc parler a mon patron pour qu’on regle ça pour ne pas avoir une plainte du client. Et maintenant le côté malediction, le lendemain mon patron me dit que c’est régler et que tel et tel chose on été fait de cette maniere en pointant mon devis… c’est la que j’ai compris, rien de ce qu’il ma dit fesait du sens par rapport au travaux. Cetais lui qui etais l’auteur. Une guerre d’intelligence a éclater jusqu’a ce que je lui decrive tout, et lui demontre que c »est lui le fautif et pas moi. Je lui ai dit que je deteste qu’on me prene pour un con, et lui a continuer de mentir… J’ai eu droit a 1 semaine de congé payer tout en me disant; tu reviendra quand tu sera de meilleur humeur! Maintenant on me regarde comme si j’etais venue d’une autre planete. Leur yeux murmure; mais comment il a fait pour tout savoir… Son orgeuil en a pris un coup, et moi, c’est ma confiance envers eux qui a foutu le camp. De sentir les pensées, remarquer chaque petit geste des autres, chaque mots, intonation, mes propres sentiments, expression facial, contexte, type de personnes, ma tête additionne tout ça elle même, et elle a raison 98% du temps. Je n’ai pas la pretention de dire que j’ai toujours raison! C’est pourquoi pour moi, c’est un don, mais egalement une malédiction. Les gens ne m’aime que lorsque je leurs suis serviables. Par chance, j’ai une copine, une fille, un garçon(malheureusement décéder), un chien et un chat qui m’aiment. Ils ont compris avec le temps que ca ne servait a rien de me cacher quoi que se soit! C’est par hasard que je suis tomber sur cette page, le hasard fait parfois bien les choses, de voir que je ne sui pas seul, ca ma fait le plus grand bien. Merci a tous ceux qui on laisser un commentaires.

  22. Je suis dans le ressentit Je n ai jamais développé cela d avantage car ça me fait peur Mais souvent je me suis fait dire que j étais très ouverte Mais je n ai rien fais pour cela Parfois je vois l avenir dans mes souvenirs Je peux parfois voir style mon futur chien ou camion Je le vois très clairement avec les détails Comme vous si vous aviez l image de votre chambre présentement Mais moi c est pareil mais une image du futur Je ne me suis jamais arrêter à cela et même repoussé. Je ne sais quoi faire J ai aussi été victime de violences psychologique et physique

  23. Je me sent comme cela , je ne sais plus qui je suis . Qui être quoi faire . Je me sent malade . J’ai arrêté de vivre et chaque jour je risque de toute perdre . Plus personne ne voudras m’engager . Je suis sale a l’intérieur comme à l’extérieur. J’ai plus envie de voir personne . Je fais du mal au gens que j’aime . Je me fais des peur . Je suis souiller et humilier je ne peu plus allé nulle part les gens me connaisse dans au moin 4 région et toute le monde rappel les horrible chose que j’ai pu me faire pour encore plus être humiliée . Je ne peu allé nulle part sans devenir la victime

  24. Bonjour monsieur,
    Votre article a été révélateur pour moi et m’a permis de comprendre les origines de mon hypersensibilité! Je vous remercie pour cela! Néanmoins, en lisant votre article j’ai remis en question les choix que j’ai fait en prenant en compte mon hypersensibilité. J’ai en effet effectué mes choix d’orientation en prenant en compte mon hypersensibilité et en utilisant mon instinct. Mais si mon hypersensibilité n’est pas fatale, si celle-ci est liée à mon enfance, était-il judicieux de suivre mon intuition d’hypersensible ?
     
    Ne devrais-je pas plutôt mettre de côté mon passé pour ne plus avoir ces intuitions liées à mon hypersensibilité ? Pourtant je ne repense pas souvent à mon passé mais celui-ci a impacté ma confiance en moi et mon attitude en société. Devrais-je alors améliorer ma confiance en moi pour ne pas avoir cette intuition et ainsi faire de meilleurs choix d’orientation ? (Intuition qui dans mes choix d’orientation me mène à des impasses)
    Merci d’avance pour votre réponse !

    • Bonsoir Gladys, lorsque l’on suit son intuition liée à un trauma passé, on n’a pas assez de recul pour s’en sortir et on risque de retomber tout le temps dans le même schéma. Un regard extérieur est nécessaire afin de pouvoir mettre des mots sur ce qui a été vécu. Car n’oublions pas que l’enfant ne sait pas ce qu’il ressent, et si on ne lui donne pas les mots pour exprimer ce qu’il ressent, ses émotions resteront à l’état brut, sans possibilité de les libérer (leur donner un sens).

  25. Je suis assez troublée par ce que je lis, j’ai beaucoup d’empathie (je comprends les autres mais j’arrive à me préserver des sentiments) et par moment (comme actuellement) cette empathie devient hypersensibilité. Je ressens exactement les sentiments des autres (joie, tristesse,…) je finis par devenir une éponge.
    Donc en en discutant avec une amie, aujourd’hui même, j’en ai conclu que c’était le fruit de mon enfance et des traumatismes qui m’avaient été transmis. Vous lire me perturbe donc, mon intuition m’a sans doute guidée vers vous… qui sait?!
    Dommage que vous soyez si loin…

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